
"300e anniversaire de la naissance de
Louis-Jean-Marie de Bourbon, Duc de Penthièvre"
le 16 novembre 1725 au château de Rambouillet.
Par Jean-François Martre
C'est un des petits-fils de Louis XIV, sans doute l'homme le plus riche du royaume qui s'installera au château de Puteaux pendant quinze
ans de 1751 à 1766.
Il n'y a eu que deux Bourbon-Penthièvre : le père connu sous le titre de comte de Toulouse et le fils connu sous le titre de duc de Penthièvre.
Ce dernier a un fils, Louis Alexandre, prince de Lamballe, qui meurt à 21 ans sans postérité et avant de pouvoir porter le titre de duc de
Penthièvre.
Ses parents ont eu de nombreux liens avec les Gramont :
Son père, Louis Alexandre de Bourbon, (1678-1737), est le fameux
comte de Toulouse
(1681), de Penthièvre (1697), de Rambouillet (1711), dernier enfant de Louis XIV et de Madame de Montespan, bâtard légitimé.
Portrait de Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, amiral de France, atelier de Hyacinthe Rigaud, en 1708, Wikipédia.
L'original est perdu, il y eu de nombreuses copies dont celle du château d'Aulteribe ci-après.
Atelier de Hyacinthe Rigaud vers 1710, huile sur toile, château d'Aulteribe (Sermentizon),
Philippe Berté/Centre des monuments nationaux.
Beau, courageux et réservé il est très apprécié de son père, le Roi, qui le légitima et le dota largement. Il devient amiral de France dès
l'âge de cinq ans.
Le titre de Toulouse est honorifique.
Le duché de Penthièvre se trouve en Bretagne, entre Saint-Malo et Saint-Brieuc (Lamballe, Guingamp, île de Bréhat, Belle-Isle-en-Terre.)
Rambouillet est acquis par Louis XIV et le comte de Toulouse son fils légitimé favori en 1704 auprès de Fleurian d'Armenonville qui est prié
de quitter les lieux.
Il était de tradition à l'époque d'entrer dans la vie en créant une demeure. Ce sera le cas du domaine de Rambouillet pour le jeune comte de
Toulouse. Il confie les travaux d'embellissement aux meilleurs artisans venus du chantier de Versailles, le roi Louis XIV s'y réservant une
aile.
Il a peu de rapport avec son frère ainé le duc du Maine.
On connaît l'ultime faveur que fit Louis XIV à ses fils légitimés le duc du Maine et le comte de Toulouse le 23 mai 1715 en leur accordant le
statut de prince de sang et comment
Antoine V duc de Gramont
a participé à la bataille des Princes et aux évènements qui ont permis au duc d'Orléans futur Régent de faire casser le testament du Roi par
le Parlement. Ils siègeront tous les deux au conseil de Régence de 1715 à 1723.
Sa mère est née Marie-Victoire de Noailles (1688-1766).
C'est une des sours de Marie-Christine de Noailles 1672-1748), la femme
d'Antoine V duc de Gramont qui a construit le château de Puteaux.
Huile Pastel
Portrait de Marie-Victoire-Sophie de Noailles, comtesse de Toulouse par Charles-Antoine Coypel, Collection Condé, Chantilly, ? RMN-Grand Palais
Elle a été, comme sa sour, au service de La duchesse de Bourgogne. Elle a épousé Louis Pardaillan de Gondrin, petit-fils du marquis et de la
marquise de Montespan (et donc neveu de Louis-Alexandre de Bourbon). Ce dernier est mort de la rougeole en 1712 (la terrible épidémie qui
emporte la descendance de Louis XIV) la laissant veuve à 24 ans avec plusieurs enfants.
Un mariage d'amour.
Une liaison cachée pendant dix ans va naître entre Marie-Victoire et Louis-Alexandre qui l'épousera secrètement le 2 février 1723. La comtesse
était une personne remarquable et appréciée, le Roi Louis XV autorisa son oncle le comte de Toulouse à rendre le mariage public.
Rambouillet sera leur demeure préférée. En cadeau de noce, il lui offre un somptueux appartement doté d'un décor de boiserie d'une grande finesse
tout en lignes courbes typiques du style rocaille. Témoin cet anagramme.
Anagramme de Marie-Victoire de Noailles, appartements de Rambouillet,
Photo 31/07/2025 de JF Martre
Il en découle une vie de famille épanouie et discrète autour de leur unique fils Louis-Jean-Marie, titré duc de Penthièvre, qui naît le 16
novembre 1725 au château de Rambouillet. Le comte a 47 ans et la comtesse 37 ans.
Louis-Jean-Marie de Bourbon est connu sous le titre de duc de Penthièvre.
Il est élevé à Rambouillet par son père le comte de Toulouse qui l'éloigne des intrigues de la cour et le prépare à reprendre sa charge d'Amiral
de France. C'est ainsi que sur les étangs de Rambouillet, le jeune Louis-Jean-Marie s'exerçait en vue de ses hautes fonctions maritimes en faisant
manouvrer des barques avec un équipage de bretons.
Photo JFM, 31/07/2025 espace d'interprétation dans le pavillon du Roi. (Extrait d'un dessin).
La gondole du duc de Penthièvre au château de Rambouillet.
Détail du dessin « Louis XV et le duc de Penthièvre au grand bassin de Rambouillet »
par Nicolas-Marie Ozanne, 1764.Reproduction Benjamin Gavaudo/CMN
Le jeune Louis XV est un familier de Rambouillet où il apprécie la compagnie du couple.
En 1737 Louis-Jean-Marie perd son père, le comte de Toulouse, d'une récidive de la maladie de la pierre (ou gravelle, c'est à dire calculs rénaux).
Il n'a que douze ans.
Louis-Jean-Marie à 15 ans par Jean-Marc Nattier, wikipedia
Marie-Victoire de Noailles, très proche du roi obtient que Louis-Jean-Marie succède à son père, sous sa tutelle, dans les charges de Grand amiral,
Grand veneur et gouverneur de Bretagne. Il est fait chevalier de la Toison d'Or le 27 janvier 1740, puis chevalier du Saint-Esprit le 1er janvier
1742. Nommé maréchal de camp le 2 juillet 1743 puis Lieutenant général des armées du Roi le 2 mai 1744.
LJM de Bourbon duc de Penthièvre, par Nattier, Wikipédia
Il a vingt ans, commande deux régiments portant son nom et combat à Dunkerque et à Fontenoy le 11 mai 1745 sous les ordres de son oncle la
maréchal Adrien Maurice de Noailles. Il a vingt ans. C'est au cours de cette bataille que Louis de Gramont, propriétaire du château
de Puteaux est tué.
Attentive à la place de son fils dans la famille royale, la comtesse de Toulouse ne réussit pas à marier son fils avec une princesse du sang et
se tourna après accord du Roi, vers une princesse italienne née à Modène, de moindre rang, Marie-Thérèse-Félicité d'Este-Modène (1726-1754) dont
la mère Charlotte-Aglaé d'Orléans était la fille de Philippe d'Orléans, le Régent et ainsi petite fille du roi Louis XIV.
Portrait de LJM de Bourbon, duc de Penthièvre, par Jean-Baptiste Charpentier le Vieux, Wikipédia
Le mariage fut célébré en 1744 au château de Versailles en présence du Roi, de la famille royale et de toute la cour.
Elle accouche tous les ans. Ils n'ont que deux enfants survivants et ne survivra pas elle-même au septième.
On ne connaissait pas à l'époque les règles de la consanguinité, or ils sont tous les deux descendants du roi Louis XIV et de Madame de
Montespan. Le père du duc est le frère de la grand-mère de la duchesse.
Un fils, Louis-Alexandre, prince de Lamballe, (1747-1768) qui épousera en 1767 Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan,
(1749-1792) qui devient princesse de Lamballe. Elle perd l'année suivante son mari d'une maladie vénérienne qu'il lui transmet. Elle
deviendra surintendante de la maison de la reine Marie-Antoinette et restera dévouée à la reine ce qu'elle payera de sa vie. Elle meurt
de façon atroce, mise à mort par la foule lors des massacres des prisons de septembre 1792.
Une fille, Louise-Marie- Adélaïde (1753-1821), duchesse d'Orléans, qui mariée à Philippe duc d'Orléans futur « Louis-Égalité
», sera la mère du Roi des Français, Louis-Philippe 1er.
Le duc de Penthièvre et sa fille, la duchesse d'Orléans, attribué à Jean-Baptiste Charpentier le Vieux, Musée national des châteaux de
Versailles et de Trianon.
Tourné vers la contemplation, il renonce à la carrière militaire.
A l'image de son père, Louis Joseph Marie restera à l'écart des intrigues de la cour de Louis XV et de Louis XVI.
Vertueux, pieux, charitable, simple, affable et désintéressé sont les qualificatifs auxquels on a le plus souvent recours pour le définir.
Comme lui, il aime Rambouillet qu'il va doter d'un parc à l'anglaise magnifique.
Après un Maréchal, c'est un Amiral qui s'installe au château de Puteaux de 1751 à 1766
© Centre des monuments nationaux/ Alain Lonchamp
Attribué à Charles André van Loo (1705-1765), portrait de LJM de Bourbon, duc de Penthièvre,
château d'Aulteribe (Sermentizon).
C'est un prince, un homme fort riche, peut-être la plus grosse fortune du royaume après le Roi, qui s'installe au château de Puteaux.
Pour quelle raison achète-t-il ce château ?
- On peut penser qu'il recherchait une résidence de campagne en bord de Seine près de son hôtel particulier parisien, l'hôtel de Toulouse,
l'air de Paris étant malsain à cette époque surtout pour sa femme et les enfants. Il avait acheté au fermier général Beauregard une maison
qu'on appelait « Le Petit Château » qui se trouvait à Bercy à l'emplacement des anciens entrepôts à vins. A la suite de nombreuses
inondations, notamment celle de 1751, il s'en lassa.
- Il connaissait le château de Puteaux, car il avait dû s'y rendre souvent avec sa mère pour rendre visite à sa tante
Marie-Christine de Noailles, épouse d'Antoine V, duc de Gramont, constructeur du château de Puteaux. En bord de Seine, il est bien placé par
rapport aux résidences royales de Versailles, Marly et Saint-Germain-en-Laye
- Il achète donc pour 120 000 livres la maison à son cousin par alliance, Antoine VII, duc de Gramont, criblé de dettes.
Un homme aussi riche et possédant une dizaine de châteaux prestigieux a forcément acheté une résidence de qualité dans laquelle il peut
recevoir le Roi et la Reine.
Il existe plusieurs descriptions de l'époque.
Voici ce qu'écrit Jean Duma dans son livre « Les Bourbon-Penthièvre (1678-1793) », page 72 :
Quant à la maison de Puteaux, (achetée en 1751), il s'agit en effet d'une grande maison : son rez-de-chaussée comprend une
grande antichambre, une salle à manger, une galerie, une salle de musique, une chambre à coucher, un cabinet de toilette, une garde-robe, un
petit appartement avec deux chambres et entresol. A l'étage, outre une chapelle, on trouve trois chambres, deux cabinets de toilette et deux
garde-robes.
Dans la vente 20000 livres correspondent aux « glaces tableaux, volières, horloges et autres effets ». Il n'y a pas moins de 39 glaces et 38
tableaux. C'est à dire qu'il s'agit à l'évidence d'une demeure aristocratique.
Juin 1752 - Le duc de Luynes nous a laissé une description de la maison de Puteaux à l'occasion de la présence à un dîner de
la Reine Marie Leczinska (1703-1763), épouse de Louis XV (1710-1774).
Bien que non complétée à la dimension originale, la maison était parfaitement bien bâtie et ornée de cheminées de marbre et de glaces. Elle
était construite « double », c'est à dire avec un corridor central plutôt que par une simple enfilade de pièces.
Il y avait un vestibule sur le double et un salon. A gauche de ces deux pièces une grande galerie qui donne sur la terrasse qui est belle et
agréable ; à droite du vestibule, une grande salle à manger, sur le double de laquelle est un assez bel appartement. C'est tout ce qu'il y a
en bas.. . Il y a sur le retour un fort bel escalier.
En haut un corridor ...
La maison de Puteaux, suivant le plan qu'avait fait M. de Gramont, n'est que le tiers de ce qu'il voulait faire..
Il devait y avoir une avant cour avec un bâtiment de chaque côté, une aile pareille à celle qui existe aujourd'hui, et un grand corps de logis
aurait été fort différent de celui que monsieur de Gramont avait bâti en attendant, et dans lequel est la porte d'entrée.
Cependant les jardins étaient complètement réalisés. La maison étant sur les bords de Seine ; le jardin est assez grand et parfaitement bien
planté, même assez orné ; il y a sur la droite un bois couvert, fort joli, enfermé de treillage, et qui forme deux jardins particuliers sur le
même côté de la maison. Au bout du jardin, en terrasse, est un potager de quatre arpents, entouré de murailles et de grilles, et dont le terrain
est un peu plus bas que le jardin.
Le domaine comptait en tout 140 lits dont 95 pour les serviteurs.
Un homme apprécié de Louis XV et plus tard de Louis XVI.
30 avril 1754 - mort à 27 ans de Marie-Thérèse-Félicité d'Este, l'épouse du duc, décédée au château de Rambouillet.
1761 - mort de Marie-Françoise de Noailles (née à Versailles le 13 mars 1687, morte à 74 ans à Puteaux le 28 novembre 1761).
Elle est l'épouse de Henri-Emmanuel Beaumanoir de Lavardin (marquis de Lavardin), lieutenant général du roi en Bretagne, Rennes, mort en 1703,
six mois après son mariage.
C'est une des sours de Marie-Christine de Noailles, et elle a sans doute toujours habité Puteaux, probablement au Château
(à vérifier peut-être à l'aide de la succession chez le notaire René Baron, étude XXV).
Mercure de France 1762/01/01-1762/01/31
© Copie par Flandrin Hippolyte d'un original jadis au château d'EU,
commandée par Louis-Philippe pour le musée du château de Versailles en 1839.
Un tableau célèbre : « Portrait de famille dit de la tasse de chocolat »
Par Jean-Baptiste Charpentier le Vieux, son peintre attitré, daté 1768,
Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Ce tableau représente la famille du duc de Penthièvre
De gauche à droite : le duc de Penthièvre, son fils le prince de Lamballe, sa belle fille Marie Thérèse Louise princesse de Lamballe, assise,
sa fille Louise Marie Adélaïde dite mademoiselle de Penthièvre future duchesse d'Orléans, en pied, et sa mère Marie-Victoire de Noailles,
comtesse de Toulouse.
Tous sont venus habiter le château de Puteaux, et le tableau aurait pu y être peint.
Le tableau étant daté de 1768, on peut penser qu'il s'agit d'une composition demandée par le duc rassemblant sa famille après la disparition
douloureuse de sa mère Marie-Victoire de Noailles le 30 septembre 1766, après l'arrivée en France de la princesse de Lamballe février 1667, et
avant la mort de son fils Louis Alexandre, prince de Lamballe le 6 mai 1768. Il est possible que le médaillon qu'il tient à la main évoque son
épouse Marie-Thérèse, décédée 10 ans plus tôt. (Frédéric Lacaille, conservateur en chef, chargé des peintures du XIXe siècle et des Galeries
Historiques au château de Versailles)
L'homme le plus riche du royaume ?
Il a bien sûr les droits d'Amirauté (de congés, d'ancrage, de balise, de bris et naufrage, effets de morts en mer, amendes) qui sont une source
de revenus réguliers et importants, mais Il a sans doute la plus grosse fortune foncière de son époque :
Domaines de Rambouillet, Blois, Amboise et à Paris l'hôtel de Toulouse rue de la Vrillière, près du Palais-Royal, siège actuel de la Banque de
France.
Hôtel de Toulouse selon le plan de Turgot, vers 1737,
entre les rues de la Vrillère, des Bons Enfants et Baillif, actuellement siège de la Banque de France.
Galerie dorée de l'hôtel de Toulouse, photo de la Banque de France..
En 1775, il héritera de son cousin Louis-Charles de Bourbon (1701-1775), comte d'Eu, des domaines de Eu, Sceaux, Anet, Aumale, Dreux, Gisors et
Vernon.
1766, 30 septembre - mort de sa mère Marie-Victoire-Sophie de Noailles à l'hôtel de Toulouse.
1766 - vente du château de Puteaux au Fermier Général Pierre Faventines (1695 - 1776) pour 130.000 livres.
Les Faventines seront propriétaires du château 28 ans, jusqu'en 1793.
1767 - son fils Louis-Alexandre épouse Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, qui devient la princesse de Lamballe (1749-1792).
Veuve à 19 ans l'année suivante, amie de la Reine Marie-Antoinette, elle paiera de sa tête sa fidélité.
1768 - Louis-Alexandre, prince de Lamballe, meurt d'une maladie vénérienne qu'il transmet à sa femme. Il a vingt ans. C'est un déchirement pour
ce père de famille, pieux et aimant dont le nom se retrouve sans héritier.
Son amour va se reporter sur sa fille et sur cette jeune princesse dont il se sent responsable et qu'il considère comme sa deuxième fille.
1769 - Penthièvre après avoir vendu Puteaux loue à vie le château de Boulainvilliers à Passy, pour rapprocher de Paris sa fille et la princesse
de Lamballe qui aiment être ensemble.
En 1784, la Princesse de Lamballe achètera au duc de Luynes sa maison de Passy qui deviendra le siège actuel de l'ambassade de Turquie.
Musée Carnavalet
La colline de Passy en 1743 avec à gauche le château de Passy ou de Boulainvilliers et son parc qu'occupe aujourd'hui la maison de la Radio.
Au milieu, la propriété rouge est l'hôtel de la princesse de Lamballe avec son parc descendant jusqu'à la Seine.
1783, Louis XVI lorgne depuis longtemps sur Rambouillet. Il y cherche un refuge pour se protéger de la pression de Versailles et s'adonner à
sa passion pour la chasse. Le duc de Penthièvre ne peut pas s'opposer à la volonté de son royal cousin qui lui achète le château pour la somme
de 16 millions de livres, soit 100 fois plus que Fleurian d'Armenonville à peine un siècle plus tôt !
Il vendra le domaine de Rambouillet au roi en 1783 et transportera les restes de sa famille dans la chapelle royale Saint-Louis à Dreux. Ce fut
un sacrifice très dur, il ne retournera plus jamais à Rambouillet.
1787, il participe à la première assemblée des notables puis à son habitude voyage dans ses différents domaines de Châteauneuf et Amboise jusqu'à
Eu.
1788, sa santé se détériore. Il ne participe pas à la deuxième assemblée des notables et reste loyal au Roi.
1789, début de l'année, il parcourt les bords de Loire où une débâcle d'énormes glaçons a fait des ravages considérables apportant aide et
bienfaisance. Le 4 mai il est à Versailles pour l'ouverture des États-Généraux, part pour Anet, passe à Versailles le 30 juin allant à
Châteauvillain où il se trouve le 14 juillet. Il est de retour à Sceaux le 22 août, rend visite au Roi à Versailles le 23 août. Le 29 août,
il est dans son hôtel de Toulouse, la Princesse de Lamballe est à Versailles et sa fille dans ses appartements du Palais Royal. Le 2 septembre,
il part avec la Princesse de Lamballe à Eu. Apprenant le 7 octobre que le Roi et la Reine ont été contraint de quitter Versailles pour les
Tuileries, la Princesse de Lamballe décide de quitter Eu et de les rejoindre. Il passe 1790 essentiellement à Châteauneuf-sur-Loire, voit une
dernière fois le Roi et la Reine le 3 décembre avant de se rendre à Eu où sa fille le rejoint et ne le quittera plus jusqu'à ses derniers
moments. C'est d'Eu qu'il suivit le départ de la famille royale et son arrestation à Varennes, aida la fuite de la Princesse de Lamballe qui
s'arrête à Eu avant de prendre le bateau à Boulogne pour se rendre en Angleterre. Commandant de la Garde Républicaine de Eu, il est consigné
dans son château pendant 19 jours, sous la garde de son second. Fin 1791, il s'installe à Anet avec sa fille. Le 14 novembre, la Princesse de
Lamballe vient passer quelques jours, puis le 6 mai 1792 ele repart à Paris. Ils ne la reverront plus. Elle est arrêtée avec la famille royale
le 10 août et sera sauvagement assassinée le 3 septembre 1792. Il se rend avec sa fille au château de Bizy. Marie-Adélaïde divorce officiellement
le 25 juillet 1792 de son époux Le duc Philippe d'Orléans-Égalité.
Épouvanté par la mort de sa belle-fille, la Princesse de Lamballe (il avait proposé la moitié de sa fortune en échange de sa vie), scandalisé
par le rôle de son gendre Philippe-Égalité dans la condamnation à mort du Roi, il s'éteint deux mois plus tard, le 4 mars 1793 en pleine Révolution
Française, respecté de tous pour sa droiture et sa charité.
Souvenir de son nom à Puteaux.
Rue de Penthièvre
C'est ainsi que s'est appelée l'avenue Georges Pompidou de 1835 à 1910. La municipalité de l'époque rend hommage à Louis-Philippe 1er qui est un
Penthièvre par sa mère Louise-Marie-Adélaïde d'Orléans qui vécut au château de Puteaux de 1753 à 1766.
Elle longe le mur sud de l'ancien parc du château, marquant la limite entre Suresnes et Puteaux.
Livres de référence :
- Jean Duma, Les Bourbon-Penthièvre, (1678-1793), une nébuleuse aristocratique au XVIIe siècle, Paris, Publication de la Sorbonne, 1995.
- Le duc de Penthièvre par Suzanne d'Huart, bulletin des Amis de Sceaux, 1985.
" https ://amis-de-sceaux.org/publications/17-bulletin-des-amis-de-sceaux-n-02-1985#flipbook-livrefp17/91/ "
Jean-François Martre, Octobre 2025