Guillaume Nézot

Guillaume Nézot




Moulin de Chantecoq
Moulin de Chantecoq






























































Lettre paente du roi

Lettre patente du roy

Sa traduction





Signature de Guillaume Nézot

Signature de Guillaume Nézot, maire



















Il était une fois…. Guillaume Nezot  premier maire de Puteaux

Par Raymond Hanser


L’histoire qui va suivre pourrait n’être qu’une légende transmise d’une  génération à l’autre comme ces contes cent fois enjolivés que les mamans racontent si bien aux enfants le soir avant qu’ils ne s’endorment. Mais celle-ci est la véritable histoire d’une famille, la famille NEZOT, dont les origines remontent à un lointain passé (Lepremier acte relatif aux NEZOT trouvé, à notre connaissance et au stade de nos recherches actuelles, date du 6 juillet 1594.Il s'agit de l'acte de baptême de Margueritte Nézot à  Suresnes, fille de Leufroy Nézo tet de DeniseGloria.).
Des gens qui au cours des siècles ont tous vécu à Puteaux et qui pour l’un d’entre eux a joué un rôle important dans la vie de la commune.
Aujourd’hui, seul vestige d’une époque révolue, le moulin Chante coq dresse ses ailes sur le coteau où autrefois l’on cultivait la vigne, vigne qui tapissait les coteaux de la Seine de Saint Cloud  jusqu’à Courbevoie.

Dès la fin du 13ème siècle, on signale  un certain Guillaume NEZOT, vigneron et aubergiste de son état, établi à Puteaux. Pourtant rien n’est moins sûr car il faudra attendre les ordonnances de François 1er, ( ordonnances de Villers-Cotterêts, le 1er août 1539) qui, entre autre, intime aux Curés des paroisses de tenir un registre des baptêmes  (A Puteaux, ces actes commencent en 1638 et se trouvent aux Archives Municipales) ,pour remonter avec certitude aux ascendants de celui qui deviendra en 1790 le premier maire de Puteaux… un Guillaume lui aussi !

L’arbre généalogique  des NEZOT de Puteaux (le même patronyme existait aussi à Suresnes, Courbevoieà Nanterre, Colombes…) montre, comme cela était souvent le cas  sous l’Ancien Régime, qu’il était coutumier dans les familles de donner le même prénom à plusieurs enfants. Surtout pour le garçon. On lui donnait le prénom du père, ce qui donnait parfois des situations, où le même prénom était porté trois fois. Par exemple : Pierre, Pierre le jeune, Pierre « l'aisné »... Ce qui peut poser des problèmes dans les recherches généalogiques.

Vers 1630 un certain Philippe NEZOT épouse Catherine Vallet dont il aura trois enfants : il perd un fils âgé d’un jour le 15 Janvier 1639,  le 21 Février 1643, naissance de Pierre, naissance  de Nicolas le 9 Février 1647.

En 1648 des troubles éclatent. C’est la Fronde. D’abord  révolte dirigée contre Mazarin  pour sa  politique fiscale,  elle englobera ensuite la révolte des magistrats du Parlement de Paris puis celles des grands du royaume contre l'État royal. Des barricades se dressent aux
portes de Paris et les batailles que se livrent Condé et Turenne font de nombreux morts. Puteaux aura les siens (44 personnes recensés 12 Hommes, 11 Femmes et 21 enfants).

Parmi ces morts un Philippe NEZOT, sa femme et un enfant. D'après les dates, il serait pensable que ce Philippe Nezot soit l'ascendant de notre Guillaume

Son fils Pierre épouse Marie Hermier le 19 novembre 1661 dont il aura aussi trois enfants. : Marie, le 24 Mars 1663,Pierre le 28 Août 1668, Marie Elisabeth le 8 Juin 1670. Marie meurt le 24 Février 1671.
Veuf, Pierre épouse en seconde noce Jeanne Gault le 29 juillet 1672. De cette union naîtront cinq enfants : Claude Pierre le 23 Juin 1672 (conçu avant Mariage ?), Jeanne Margueritte le 28 Août 1674, Nicolas le 8 Mars 1677, Jacques Bon le  2 Avril 1679  et Margueritte le 17 Octobre 1684.

Claude-Pierre épouse Marie Petit le 24 novembre 1692 dont il a neuf enfants : Pierre le 23 Novembre 1693 décédé le 27, Isabelle le 29 Novembre 1696, Claude le 8 Mars 1703, décédé le 2 Mai ,Claude le 29 Juillet 1704 , décédé le 13 Mai 1708,  Pierre le 9 Juin 1707 , Claude Guillaume le 6 Octobre 1708, Jacques le 28 Janvier 1710, décédé le 4 février, Pierre le 28 Janvier 1710, Marie Jeanne le 24 Janvier 1712 .
Claude est le grand-père de notre Guillaume. Il était officier de feu Monsieur le Prince, et  demeurait à l'angle de la rue Saint Denis (actuellement rue Voltaire) et le la rue des Martyrs (actuellement rue Rabelais).

On  peut remarquer ici  que les mariages se célèbrent bien souvent pendant la saison où les travaux agraires sont terminés ou en sommeil et que le vin fermente. On peut aussi remarquer, à travers l’exemple de la famille Nezot, la forte mortalité infantile à cette époque.

Pierre épouse, Catherine Gilbert le 22 février 1729 qui lui donnera six enfants : Guillaume le 6 Juin 1730, Catherine le 2 Octobre 1731, Marie Jeanne le 6 Février 1733, Geneviève le 14 Juin 1734, Pierre le 17 Avril 1738, Marie le 14 Juillet 1745.

Nous venons de suivre la famille NEZOT depuis la régence d’Anne d’Autriche durant la minorité de Louis XIV jusqu’au règne de Louis XV. Quels en ont été les différents statuts  de cette famille au sein de la société de l’époque ? Pour la plupart des vignerons. Mais il faut noter que certains occupèrent des charges auprès de nobles : Pierre Nezot, qui demeurait au Chante coq avant 1640, était officier de Gaston d’Orléans,

Guillaume, marié à Françoise Perrin était greffier, Jérôme état officier de la Duchesse d’Orléans (il faut prendre le terme officier au sens de tenir un office)  et que d’autres comme Pierre le père de Guillaume participèrent à la gestion de la paroisse de Puteaux.

Et Guillaume le futur maire ?

Le 23 novembre 1750 il épouse, à l’âge de 20 ans, Nicolle Fromentin, issue d'une famille de Puteaux depuis plusieurs générations, et  dont la tante Jeanne a épousé un Nézot, Jérôme, officier de la Duchesse d'Orléans, femme du frère du Roi.. Douze enfants naîtront de cette union dont trois mourront en bas âge.
Jusqu’à la Révolution Guillaume occupe le poste de marguillier. Nommé par l’évêque, il est chargé  d’administrer collégialement les biens de l’Eglise dans la paroisse de Puteaux. Le marguillier avait aussi un rôle social car il tenait    le registre ou était inscrit les pauvres de la paroisse secourus par l'église. Guillaume  était un artisan dévoué au bien-être des Putéoliens de l'époque.Louise Nicolle Fromentin décède le 8 août 1779, Guillaume a 49 ans.

En 1789, Guillaume est Syndic à Puteaux. Il signe le cahier de doléance de Puteaux pour les Etats Généraux  qui doivent se tenir à Versailles au mois de mai 1789. Ils font  part de la mauvaise répartition des impôts entre les fermiers et les pauvres vignerons.

A la demande de l'Assemblée Nationale (décret de décembre 1789), une lettre Patente du roi, fait obligation aux paroisses de se constituer en commune.  Guillaume Nezot,  va œuvrer pour constituer celle de Puteaux. il réunit une assemblée de notables à la sortie de la messe du dimanche afin de constituer un bureau pour l'élection d'un maire.
                     
Un premier vote le met à égalité avec le curé de Puteaux, Louis Eustache Noël (curé qui après avoir fait serment à la Constitution se mariera et adopteraune fille). Mais, Guillaume étant le plus âgé des deux, l’emporte.  Il sera définitivement élu 1er maire de Puteaux en assemblée générale  le 7 février 1790 par 44 voix sur77.

En 1791, il devient administrateur de l’île Saint Denis, qui prendra le nom d’île Franciade, suite  à la politique de déchristianisation  menée par la Convention, qui entre autre débaptise les communes où le mot Saint apparaissait.
Il occupera cette charge jusqu'en 1795, date à laquelle il reviendra alors à Puteaux, où il sera agent communal

Guillaume NEZOT décède en 1809. Né en 1730 il aura  donc vécu sous les règnes de Louis XV et Louis XVI avant de connaître la Révolution avec ses bouleversements et, sur la fin de sa vie, l’Empire. Lui qui devait être un fervent républicain, comment a-t-il réagi à la prise du pouvoir par Napoléon ? On l’ignore.

Chose surprenante, on ignore aussi où Guillaume NEZOT a été enterré : Cimetière devant l'Eglise ? Cimetière rue de Suresnes, actuellement rue de Verdun ? Ces deux cimetières ont été déplacés, une partie des morts relevés et inhumés dans le cimetière ancien de Puteaux situé rue des Bas Rogers.
 Dans un caveau de famille ? Rien ne permet de l’affirmer. A-t-il encore des descendants à Puteaux ? Autant de questions auxquelles il serait intéressant d’apporter une réponse. Il est fort probable qu'il existe des descendants directs de Guillaume. Nous avons retrouvé des descendants de la Famille Nezot / Fromentin.